Amyotrophies spinales proximales

Autres appellations : ASI, SMA (spinal muscular atrophy), SMA, maladie de Werdnig-Hoffmann, maladie de Kugelberg-Welander

Mise à jour :
juin 2006, Tuy Nga Brignol (M.D.); validation, J. Andoni Urtizberea (M.D.); copyright AFM


Que sont les amyotrophies spinales ?
Les amyotrophies spinales sont des maladies neuromusculaires héréditaires à transmission autosomique récessive. On estime leur prévalence à 1 naissance sur 6.000 à 10.000.
Elles sont dues à la dégénérescence de certaines cellules nerveuses (motoneurones) de la moelle épinière : les nerfs moteurs des muscles sont lésés et meurent, l'ordre du mouvement n'est plus acheminé jusqu'aux muscles. Inactifs, ceux-ci s'affaiblissent, s'atrophient et se rétractent.
On en distingue deux types : les amyotrophies spinales proximales, les plus fréquentes, elles atteignent surtout les muscles des racines des membres, et les amyotrophies spinales distales, beaucoup plus rares, qui concernent plus les muscles des extrémités (mains et pieds).

Parmi les amyotrophies spinales proximales, on distingue classiquement les formes suivantes :
- amyotrophie spinale de type I ou forme aiguë de la maladie de Werdnig-Hoffmann, apparaissant avant l'âge de 6 mois ;
- amyotrophie spinale de type II ou forme intermédiaire de la maladie de Werdnig-Hoffmann, survenant entre 6 et 18 mois ;
- amyotrophie spinale de type III ou maladie de Kugelberg-Welander, survenant après l'âge d'acquisition de la marche (18 mois-2 ans) ;
- amyotrophie spinale de type IV, se manifestant à l'âge adulte.
Il s'agit en fait de diverses formes de la même maladie, mais ayant en commun la même anomalie génétique.

Comment se manifestent-elles ?
Les amyotrophies spinales proximales se caractérisent par une faiblesse (paralysie) et une fonte (atrophie) précoces des muscles du bassin, des épaules, du tronc et des membres (bras et jambes). Les mouvements de ces muscles sont difficiles voire impossibles.
Selon l'âge d'apparition, les premières difficultés motrices pourront se traduire par l'absence d'acquisition de la station assise, peu de gesticulation spontanée, l'absence d'acquisition de la marche, des difficultés à tenir la tête, ...
Dans les formes les plus graves, les muscles intercostaux sont paralysés pouvant faire discuter une assistance ventilatoire à un jeune âge.

Comment fait-on le diagnostic ?
Un tableau de paralysies rapidement progressives chez un enfant, a fortiori chez un nourrisson, doit faire évoquer le diagnostic. Le diagnostic d’amyotrophie spinale proximale est ensuite confirmé par un test génétique basé sur l’analyse de l'ADN effectuée à partir de prélèvements sanguins ou de salive.. Ce test est positif dans 95 à 98% des cas selon les études. . On peut ainsi, et dans la majorité, éviter d’avoir à recourir à une biopsie musculaire.

Le conseil génétique des personnes apparentées (potentiellement hétérozygotes ou porteuses saines de l’anomalie génétique) est désormais possible en France (Hôpitaux Robert Debré et Necker à Paris ; CHU de Rouen).

La détection d'une délétion hétérozygote chez les parents peut également apporter une aide au diagnostic positif d'amyotrophie spinale infantile lorsque l'enfant est décédé il y a longtemps avec un tableau clinique d'amyotrophie spinale sans que son ADN n'ait pu être conservé et le diagnostic génétique posé.

Comment évoluent-elles ?
L'évolution des amyotrophies spinales proximales est variable, et il est difficile de se prononcer sur l'avenir. Cependant, plus le début est précoce (dès la naissance ou au cours des premiers mois de la vie), plus le pronostic est sévère.
Dans les types I vrai, le pronostic est particulièrement sombre. Mais de manière plus globale, c’est souvent le degré d’atteinte respiratoire et la qualité de la prise en charge en général qui conditionne le pronostic vital à moyen-long terme.
Quelle que soit l'importance de l'atteinte neurologique, l'évolution spontanée en l'absence de prise en charge orthopédique se fait vers des déformations (scoliose, flexum...) qui deviennent douloureuses et compromettent le confort de vie. C'est pourquoi une prise en charge adaptée est fondamentale.

Que peut-on faire ?
Une prise en charge de la fonction respiratoire, de l'appareil locomoteur (os et muscles) par kinésithérapie et appareillage, prenant en compte la douleur, ainsi qu'une prise en charge nutritionnelle doivent être proposées aussitôt le diagnostic posé. Cette prise en charge doit être permanente et régulière. Elle permet de limiter, voire de prévenir certaines conséquences de la maladie. Un soutien psycho-socio-éducatif permettra à l'enfant ou à l'adulte et à sa famille de vivre au mieux malgré la maladie.
La connaissance de l'anomalie génétique responsable de cette maladie permet de proposer un conseil génétique et rend possible un diagnostic prénatal.

À quoi sont-elles dues et où en est la recherche ?
La compréhension de la physiopathologie des SMA est encore incomplètement connue du fait de la diversité et de la complexité des processus biologiques mis en jeu.

Les différents types d'amyotrophies spinales proximales sont tous dus à des anomalies du même gène situé sur le chromosome 5 (région 5q12.2-13.3). Ce gène code la protéine SMN (Survival MotoNeuron).
Chez les personnes atteintes d'amyotrophie spinale, l'expression de la protéine SMN est fortement réduite dans les motoneurones de la moelle épinière. La gravité des symptômes est en grande partie liée à la quantité de protéine SMN résiduelle dans ce type de cellules : moins il y en a, plus la maladie est grave.

Dans la même région du chromosome 5, le gène SMN1 est flanqué d’un ou plusieurs gènes SMN2, des copies quasi-conformes de SMN1.  Le gène SMN2 dont l’ARN messager diffère de celui de SMN1 à quelques nucléotides près. Le gène SMN2 code à 80% une protéine SMN tronquée de l’exon 7 et non fonctionnelle (SMNΔ7) et une protéine SMN fonctionnelle mais en quantité insuffisante pour protéger de la maladie.

La protéine SMN est dite ubiquitaire (elle est présente dans toutes les cellules) et pourtant, son absence est responsable d’une mort cellulaire très ciblée, en l’occurrence celles des motoneurones. Cette sélectivité est encore très mal comprise. La protéine SMN est capable de former un complexe avec des protéines appelées gemines. Ce complexe SMN joue un rôle déterminant dans l’assemblage du splicéosome (machinerie moléculaire constituée principalement des snRNPs (small nuclear ribonucleoprotein particles) et nécessaire à la maturation du pré-ARNm). Il a été montré qu’en l’absence totale du complexe SMN, le splicéosome n’est pas assemblé. Les travaux de l’équipe américaine de G. Dreyfuss (juillet 2005) ont montré que l’assemblage du splicésome est directement proportionnel à la quantité de la protéine SMN. De plus, dans les cellules de patients atteints de SMA, la capacité d’assemblage du splicésome est d’autant réduite que le niveau de SMN est faible.

La protéine SMN est localisée en partie dans des granules associées au cytosquelette des prolongations neuronales, axone et dendrites (neurites). Plusieurs publications ont signalé le rôle de la protéine SMN dans la croissance axonale. Ainsi il a été montré que les neurones, dont l'exon 7 du gène SMN1 est muté ne présentent pas de prolongations, ou celles-ci sont nettement plus courtes que celles des autres neurones. Une surexpression de la protéine SMN induit la croissance des neurites dans des cellules en culture. Il a été également montré que des défauts de croissance axonale sont impliquées dans l'apparition d'une amyotrophie spinale.

Une étude américaine a montré chez le poisson zèbre, qu’en cas de  faible synthèse de protéine SMN, les axones des motoneurones ne poussent pas dans la bonne direction au cours du développement.



Des pistes thérapeutiques multiples
De nouvelles voies ont été explorées sur des modèles murins très sophistiqués créés par J. Melki (laboratoire de Neurogénétique moléculaire à Evry) et son équipe. Les chercheurs ont montré que, sur ces modèles animaux, la cardiotrophine-1 (drogue neuroprotectrice) atténuait la progression de la maladie. Par ailleurs, la transplantation de cellules de moelle osseuse a augmenté de façon surprenante la régénération des fibres musculaires des souris (Myologie 2005).

Deux composés (quinazoline et indole) capables d’augmenter le niveau de la protéine SMN et le nombre de gems dans des cellules provenant de patients atteints de SMA ont été identifiés (juillet 2005). Les gems sont des complexes moléculaires localisés dans le noyau des cellules et dans lesquels sont associées la protéine SMN et des protéines appelées gemins ; le nombre de gems est diminué dans la SMA.

Une équipe américaine a montré (août 2005) que l’hydroxyurée faisait augmenter le taux d’expression du gène SMN2, de l’ARN et de la protéine SMN dans des cultures de cellules provenant de patients atteints de SMA

Des résultats prometteurs pour réintégrer l’exon 7 dans l’ARN messager de SMN2 et de produire ainsi la protéine SMN fonctionnelle en quantité suffisante ont été publiés (décembre 2005).  Les chercheurs américains ont utilisé des petits ARN U7 modifiés contenant des séquences anti-sens spécifiques. Les petits ARN U7 existent naturellement dans l’organisme et interviennent dans le mécanisme d’épissage.

Quoi de neuf sur les essais thérapeutiques ?
Pour connaître les essais thérapeutiques (terminés, en cours et à venir), consulter la rubrique
« La recherche  - Essais thérapeutiques »

Le groupe d'intérêt Amyotrophies spinales, des bénévoles concernés par la maladie à la disposition des familles
Vigilance, informations, échanges d’expériences, soutien… Il existe à l'AFM un groupe à votre écoute, spécialisé dans les amyotrophies spinales, animé par des bénévoles eux-mêmes touchés par ces maladies. Experts de leur maladie, ce groupe, s’il joue un rôle primordial en matière de soutien et d’entraide, dispose également de données précieuses pour la recherche et la prise en charge.
En étroite collaboration avec les services scientifiques et médicaux, ce groupe a donc une vocation nationale et bénéficie d'un secrétariat permanent. C’est le Conseil d’Administration qui précise les missions de ce groupe et le groupe lui restitue le fruit de leurs travaux. Au responsable bénévole de fédérer son équipe, proposer des actions, veiller à la vulgarisation de l’information scientifique destinée aux familles ou piloter les missions confiées par l’AFM, bilan budgétaire et d’activités à l’appui.

Pour contacter le groupe Amyotrophies spinales (SMA)
Calendrier prévisionnel des permanences à Evry : Samedi 26 janvier de 10h à 18h, Jeudi 7 février de 14h à 19h, Jeudi 21 février de 14h à 19h, Samedi 15 mars de 10h à 18h, Jeudi 27 mars de 14h à 19h, Jeudi 17 avril de 14h à 19h, Mardi 6 mai de 9h à 19h, Vendredi 16 mai de 14h à 19h, Jeudi 12 juin de 14h à 19h, Jeudi 10 juillet de 14h à 19h, Jeudi 4 septembre de 14h à 19h, Vendredi 19 septembre de 9h à 19h, Jeudi 2 octobre de 14h à 19h, Jeudi 23 octobre de 14h à 19h, Vendredi 7 novembre de 9h à 19h, Jeudi 20 novembre de 14h à 19h, Jeudi 11 décembre de 14h à 19h, Jeudi 18 décembre de 14h à 19h.
Tél : 01 69 47 29 03 ou 01 69 47 12 66 lors des permanences à Evry.
Tél : 02 31 51 77 08 le reste du temps ou les autres jours.
E-mail : sma@afm.genethon.fr

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