Que sont les dystrophies musculaires d'Emery-Dreifuss ?
Les dystrophies musculaires d'Emery-Dreifuss (DMED) sont des maladies d'origine génétique qui touchent le muscle : ce sont des myopathies. Elles apparaissent généralement dans l'enfance ou l'adolescence et n'évoluent que lentement. Il s'agit de maladies génétiques relativement rares.
Elles se manifestent par des rétractions musculaires des coudes, des tendons d'Achille et de la nuque, qui peuvent limiter certains mouvements, voire les rendre impossibles : déplier complètement les coudes, marcher les pieds à plat (sans talon) et pencher la tête en avant.
Une certaine faiblesse musculaire au niveau des bras et des jambes peut entraîner des difficultés pour lever les bras en l'air, porter les objets lourds, et une tendance à trébucher sur les reliefs du sol. Par la suite, surviennent des difficultés pour monter les escaliers et pour se relever d'un siège bas.
L’existence d’une atteinte du cœur est très fréquente dans les dystrophies musculaires d'Emery-Dreifuss, même en l'absence de signes de manque de force musculaire. Elle peut se manifester par des malaises, des palpitations, des sensations brèves de vertige - voire de syncopes - répétées, un pouls anormalement lent, un essoufflement ou encore une fatigue excessive. Des bilans systématiques et réguliers en cardiologie sont indispensables afin de dépister précocement cette atteinte cardiaque, pour laquelle il existe une prise en charge efficace (pace-maker et/ou traitement médicamenteux).
Selon la manière dont les dystrophies musculaires d'Emery-Dreifuss se transmettent, on distingue 3 formes de la maladie. Les deux formes principales sont la dystrophie musculaire d'Emery-Dreifuss récessive liée au chromosome X et la dystrophie musculaire d'Emery-Dreifuss autosomique dominante. Il existe aussi une forme très rare à transmission autosomique récessive.
La prise en charge médicale favorise le bien-être et la qualité de vie
Elle vise essentiellement à prévenir les complications de l'atteinte musculaire, notamment orthopédiques et cardiaques, et améliore le confort et la durée de vie des personnes atteintes de dystrophie musculaire d'Emery-Dreifuss.
Associant kinésithérapie, appareillage et parfois chirurgie orthopédique, la prise en charge orthopédique dans les dystrophies musculaires d'Emery-Dreifuss vise à limiter les rétractions musculaires et à maintenir souplesse et alignement articulaires des membres et de la colonne vertébrale. Des séances de kinésithérapie quotidiennes, voire deux ou trois fois par semaine selon l'âge et l'importance de l'atteinte, ont pour but de lutter contre les rétractions musculaires très tenaces. Les séances, dont la durée varie de 45 minutes à 1 heure, comportent des massages, des étirements des muscles des membres, des postures manuelles des articulations dans les régions ayant tendance à se rétracter précocement (coudes, chevilles, cou).
La fonction cardiaque doit être surveillée tous les six mois. Elle peut nécessiter, à côté de la prescription de médicaments pour régulariser le rythme cardiaque et/ou renforcer l'efficacité du cœur, l'implantation d'un pace-maker (électro-stimulateur, défibrillateur automatique implantable) lorsque le cœur bat trop lentement, voire une transplantation cardiaque si l'insuffisance cardiaque est très importante.