À quoi est-elle due et où en est la recherche ?
En 2006, un consortium international dirigé par Frederick Kaplan et Eileen Shore (Hôpital universitaire de Pennsylvanie, Philadelphie - USA), en collaboration avec les médecins français Martine Le Merrer (Unité Inserm 393 « handicaps génétiques de l’enfant », Hôpital Necker Enfants Malades - AP-HP, Paris) et J. Andoni Urtizberea (Hôpital Marin d’Hendaye - AP-HP, et ENMC, Pays-Bas), a identifié le gène responsable de la fibrodysplasie ossifiante progressive (FOP), plus communément appelée maladie de l’Homme de Pierre.
Une première étape avait consisté en la mise en commun des rares cas familiaux recensés et la localisation, en janvier 2000, du chromosome en cause. La recherche d’un défaut génétique dans cette région (chromosome 4) s’est par la suite avérée infructueuse. Une approche par gène candidat a permis ensuite de démontrer que le gène en cause était l’
ACVR1 (pour
activin receptor type IA). Ce gène est l’un des récepteurs des protéines osseuses morphogénétiques (les BMP) lesquelles constituent une famille de facteurs de croissance jouant un rôle crucial dans la formation osseuse. L’
ACVR1 est une protéine de 509 acides aminés qui jouerait donc un rôle important dans la régulation du développement et du modelage osseux.
La mutation retrouvée dans le gène
ACVR1 est identique chez tous les patients impliqués dans l’étude, qu’il agisse de cas sporadiques, de très loin les plus nombreux, ou des quelques cas familiaux, chez qui la transmission est autosomique dominante.
La découverte du gène de cette maladie, tant attendue par les malades et leurs familles mais aussi par la communauté scientifique, apporte l’espoir de développer des thérapies pour cette maladie incurable. Un modèle animal reproduisant la même mutation est en cours de développement et des études physiologiques sont conduites pour mieux cerner le rôle et la fonction précise de ce récepteur. L’exploration de cette nouvelle anomalie dans le métabolisme osseux ouvrira aussi des perspectives pour des maladies plus communes comme l’ostéoporose ou la pseudarthrose, et de façon générale, pour les affections où les processus de formation osseuse sont mis en jeu.
En France, des analyses moléculaires de prélèvements issus de nombreux malades sont en cours. Pour d’autres, le test génétique sera prochainement mis en place à l’Hôpital Necker – enfants malades (AP-HP) dans le cadre du Centre de Référence pour les Maladies Osseuses Constitutionnelles coordonné par Martine Le Merrer.