À quoi sont-elles dues et où en est la recherche ?
Les glycogénoses musculaires sont des maladies du métabolisme, c'est-à-dire qu'elles résultent d'un défaut dans la chaîne de réactions chimiques qui transforment les sucres que nous mangeons en énergie utilisable par notre corps. Ces ''sucres'' (glucides) sont stockés dans les cellules sous forme de glycogène. Lors de l'exercice physique, le glycogène est normalement transformé en énergie (ATP) utilisable par les muscles, grâce à une série de réactions biochimiques qui font intervenir plusieurs enzymes. Si l'une d'elles manque, le glycogène s'accumule dans les cellules sans pouvoir être utilisé. C'est ce qui se passe dans les glycogénoses musculaires.
Les déficits portent sur la maltase acide pour la maladie de Pompe (type II), l'enzyme débranchante pour la maladie de Forbes (type III), l'enzyme branchante pour la maladie d'Andersen (type IV), la phosphorylase musculaire pour la maladie de Mac Ardle (type V), la phosphofructokinase pour la maladie de Tarui (type VII), les autres glycogénoses étant dénommées par les déficits enzymatiques en cause.
Les anomalies génétiques sont pour la plupart connues et permettent d'envisager des perspectives en thérapie génique, notamment dans la glycogénose de type II. D'autres perspectives, utilisant des enzymes recombinantes (synthétisées par génie génétique) pour pallier l'enzyme déficiente, sont encourageantes chez l'animal.
En mars 2004, 3 mutations ont été identifiées chez 3 patients italiens présentant la forme infantile de la maladie de Pompe.
Pistes et essais thérapeutiques :
Des travaux sur la glycogénose de type V (maladie de McArdle).ont été réalisés. Un essai expérimental a été effectué à Perth (Australie) sur le mouton avec le gène de la phosphorylase.
Un essai de thérapie génique avec un adénovirus portant l'ADN de la phosphorylase a montré une activité de cette enzyme chez les agneaux (Université de Murdoch - Australie). Ce même groupe de chercheurs a présenté des résultats sur un modèle de boeuf avec le virus CMV.
Parallèlement au traitement basé sur le remplacement de l’enzyme GAA, une des pistes thérapeutiques pour la glycogénose de type II consiste à remplacer le gène
GAA « malade » par un gène
GAA synthétique apporté dans l’organisme par un vecteur viral AAV (
associated adeno virus).
Une équipe américaine a développé (novembre 2005) des constructions virales - AAV-LSPhGAApA - ciblant spécifiquement le foie et n’exprimant le gène GAA humain que dans cet organe.
Une administration de ces vecteurs par voie intraveineuse chez des souris modèles de la maladie (gène
GAA supprimé) a entraîné une restauration durable de l’expression et de l’activité de la protéine GAA ainsi qu’une diminution de l’accumulation du glycogène dans les muscles squelettiques et cardiaque.
Pour connaître les essais thérapeutiques (terminés, en cours et à venir), consulter la rubrique « La recherche - Essais thérapeutiques ».