Que sont les différentes formes de la maladie de Charcot-Marie-Tooth ?
Les maladies de Charcot-Marie-Tooth (CMT) forment un groupe hétérogène de maladies du nerf périphérique. Ce sont des maladies génétiques que l'on distingue selon plusieurs critères : nature de l'atteinte du nerf (axonale ou myélinique, on parle alors de CMT1 ou de CMT2), mode de transmission, anomalies génétiques… Ces maladies sont le plus souvent à transmission autosomique dominante, mais certaines formes sont liées au sexe (CMTX) et d'autres se transmettent sur un mode autosomique récessif (CMT4). Cette classification est donc complexe et obéit à plusieurs logiques. Ce sont des maladies génétiques très fréquentes puisqu'elles concernent 1 personne sur 2500, soit potentiellement 30 000 personnes en France. En fait, beaucoup des personnes concernées sont peu ou pas symptomatiques.
Les formes dominantes sont les plus fréquentes en France, mais des formes autosomiques récessives sont également rencontrées, notamment dans les familles consanguines originaires du Maghreb, ou chez les tziganes. Les CMT1 sont caractérisés par une atteinte primitive de la gaine de myéline qui entoure les nerfs (formes démyélinisantes ou dysmyélinisantes), tandis que les CMT2 sont dus à une atteinte des filets nerveux ou axones (formes axonales). Au cours de l’évolution des CMT1, survient plus ou moins précocément une atteinte axonale secondaire, qui est donc commune à tous les types de CMT, et qui conditionne l'installation des signes cliniques.
Les CMT1 constituent près de 50% des cas de CMT. Différentes anomalies génétiques ont été localisées ou identifiées, définissant autant de sous-types, correspondant au CMT1A (anomalies du gène PMP22 ), CMT1B (anomalies du gène P0), CMT1C (anomalies de la région 16p13.1-p12.3 (gène non identifié)).
Les CMT2 constituent près de 30% des cas de CMT. Plusieurs localisations génétiques permettent de distinguer les CMT2A (chromosome 1p36), CMT2B1 ou AR-CMT2A (chromosome 1q21), CMT2B (chromosome 3q13-q22), CMT2B2 ou AR-CMT2B (chromosome 19q13.3), CMT2C (à l'origine les CMT2 non A non B), CMT2D (chromosome 7p14), CMT2E (chromosome 8p21) et CMT2F (chromosome 7q11-q21).
Les CMTX (10% des cas de CMT) regroupent les formes de CMT liées au chromosome X . Plusieurs formes, associées à des gènes différents sur le chromosome X, ont été décrites : CMTX1, CMTX2 CMTX3, CMTX4 et CMTX5. Alors que les CMTX2 et CMTX3 n'ont été décrits chacun que dans une famille, le CMTX1 (souvent nommé CMTX) est fréquent.
Les CMT4 regroupent les formes autosomiques récessives de la maladie, soit démyélinisantes, soit axonales. Plusieurs localisations génétiques ont été identifiées, permettant de définir différents sous-types : CMT4A (chromosome 8q13 , gène GDAP1), CMT4B1 (chromosome 11q22 , gène MTMR2), CMT4B2 (chromosome 11p15), CMT4C (chromosome 5q31-q33), CMT4C2 (chromosome 8q21.3), CMT4D (chromosome 8q24.3,NDRG1), CMT4F (chromosome 19q13.1-13.3 ,PRX).
L'HSMN-Russe est une forme autosomique récessive démyélinisante décrite initialement dans des familles tziganes du village bulgare dit de Russe et dont l'anomalie génétique a été localisée sur le chromosome 10 q23.2.
L'électromyogramme permet de préciser le type de CMT, selon la vitesse de conduction motrice du nerf :
- Formes démyélinisantes : < 35 m/sec
- Formes axonales : > 40 m/sec
Formes intermédiaires : compris entre 35 et 40 m/sec
Dans les formes intermédiaires, on distingue : les formes dominantes liées à l’X (CMTX1, CMTX2, CMTX3, CMTX4, CMTX5) et les formes autosomiques dominantes intermédiaires (CMT DI A, CMT DI B, CMT DI C).