À quoi sont-elles dues et où en est la recherche ?
La maladie de Charcot-Marie-Tooth type
1A (CMT1A) est due à une duplication d'une région située sur le chromosome 17, en 17p11.2-p12, qui contient le gène PMP-22codant une protéine de 22 KD de la myéline. La duplication de PMP22 conduit à un "surdosage" en cette protéine.
Alternativement, il peut s’agir de mutations ponctuelles du gène PMP-22 lui-même. Plusieurs modèles animaux sont disponibles, tels la souris " trembler " ou des souris transgéniques avec des copies surnuméraires de PMP22. On a également découvert que la région PMP-22 était allélique d’une autre neuropathie héréditaire : la neuropathie tomaculaire ou dite par hyperpression (HNPP).
Une équipe germano-helvétique a étudié l'effet de l'administration d'onapristone dans un modèle de rats transgéniques porteurs de plusieurs copies du gène
PMP22 et surexprimant ce gène, et ayant développé une CMT1A. Les résultats ont montré que l'onapristone réduit l'expression du gène
PMP22, permettant de conserver des axones riches en myéline et d'obtenir une amélioration des performances motrices et du phénotype associé à la CMT1A.
Une équipe américaine (Université de l’Ohio) a traité (2005) deux types de souris modèles de CMT1A avec de la NT-3. Les résultats ont montré dans les deux groupes une régénération neuronale mesurée sur des biopsies de nerf sural. Une étude chez huit patients atteints de CMT1A (quatre recevant un placebo et quatre recevant la NT-3) a amélioré les troubles sensitifs et augmenté le nombre d’axones myélinisés chez les quatre patients traités. D’après les auteurs, ces résultats encourageants justifient la mise en place d’un essai à plus grande échelle, en double aveugle, testant l’effet de la neurotrophine 3 sur la CMT1A.
La maladie de Charcot-Marie-Tooth type
1B (CMT1B) est due à des mutations du gène PMP0 (ou MPZ) situé sur le chromosome 1, en 1q21-q23 et codant la protéine 0 de la myéline. Il s'agit d'une glycoprotéine localisée dans la membrane des cellules de Schwann. Les mutations, le plus souvent ponctuelles (remplacement d'un acide aminé par un autre), conduisent à un défaut de fonction de cette protéine.
La maladie de Charcot-Marie-Tooth type
1C (CMT1C) est due à des mutations du gène LITAF, localisé sur le chromosome 16, en 16p13.1-p12.3. Le gène LITAF code une protéine impliquée dans la dégradation des protéines.
La maladie de Charcot-Marie-Tooth type
1D (CMT1D) est associée à des mutations du gène EGR2 situé sur le chromosome 10q21.1-q22.1 et codant pour le facteur de transcription EGR2 (Early growth response-2 également nommé Krox20). Ce facteur de transcription à doigt de zinc est impliqué dans la régulation de la prolifération et de la différenciation cellulaire, et donc dans la régulation de la myélinisation du système nerveux périphérique.
Quoi de neuf sur les essais thérapeutiques ?
Essai Vitamine C / Maladie de Charcot-Marie-Tooth 1A
Pour connaître les essais thérapeutiques (terminés, en cours et à venir), consulter la rubrique « La recherche - Essais thérapeutiques ».