À quoi sont-elles dues et où en est la recherche ?
La maladie de Charcot-Marie-Tooth type
4A (CMT4A) est due à des mutations du gène qui code la GDAP1 (Ganglioside-induced differentiation-associated protein 1), situé sur le chromosome 8, en 8q21.1. Cette protéine a des homologies avec les Glutathione S-transferases. La GDAP1 est exprimée dans les cellules de Schwann et le système nerveux central et est impliquée dans le développement neuronal.
D’après une étude espagnole (2005), la CMT4A serait en fait une neuropathie d’origine mitochondriale touchant principalement les axones.
La maladie de Charcot-Marie-Tooth type
4B (CMT4B) est liée à des mutations du gène
MTMR2 (Myotubularin-related protein-2) situé sur le chromosome 11 en 11q22.1. Ce gène code la protéine MTMR2 laquelle présente des similitudes avec la myotubularine (la protéine responsable de la myopathie myotubulaire liée à l'X).
MTMR2 est exprimée dans la cellule de Schwann (à des taux élevés) et dans les neurones.
Une équipe suisse-allemande a généré (2005) un modèle de souris de la CMT4B1, en introduisant, dans des cellules embryonnaires de souris, l’anomalie génétique correspondant à une mutation déjà décrite chez un patient CMT d’origine saoudienne. Les animaux homozygotes pour cette mutation présentaient des anomalies de la myéline et certaines caractéristiques cliniques similaires à celles des patients CMT4B1.
La maladie de Charcot-Marie-Tooth type
4B2 (CMT4B2) est due à des mutations du gène
SBF2 localisé sur le chromosome 11, en 11p15. SBF2 code une protéine associée à la myotubularine.
Une équipe japonaise a rapporté (2004) des mutations dans le gène
SBF2 retrouvées dans la CMT4B associée à un glaucome débutant dans l'enfance.
La maladie de Charcot-Marie-Tooth type
4C (CMT 4C) est due à des anomalies génétiques situées sur le chromosome 5 en 5q23-q33. Le gène en cause a été récemment identifié : il s'agit du gène
KIAA1985 codant une protéine de fonction inconnue.
La maladie de Charcot-Marie-Tooth de type
4D (CMT 4D) est due à des mutations du gène
NDRG1 (N-myc Downstream-Regulated Gene 1) situé sur le chromosome 8, en 8q24. La NDRG1 est une protéine qui s'exprime à de très forts taux dans les cellules de Schwann. Elle semble impliquée dans les processus d'arrêt de croissance et de différenciation cellulaire.
La maladie de Charcot-Marie-Tooth type
4E (CMT 4E) est due à des mutations du gène
EGR2, qui code un facteur de transcription. Une étude publiée en 2003 a décrit une mutation dans un autre gène intitulé
MPZ chez une famille atteinte de CMT4E. Cette étude montre que ces deux gènes pourraient être impliqués dans l'apparition de la CMT4E.
La maladie de Charcot-Marie-Tooth type
4F (CMT 4F) est due à des mutations du gène de la périaxine (PRX) situé sur le chromosome 19 en 19q13.13-q13.2. La périaxine est une protéine sous membranaire qui est associée à la DRP-2 (dystrophin related protein 2) et aux dystroglycanes. Il semblerait que la périaxine participe aux interactions entre les protéines de la membrane qui stabilisent la gaine de myéline ainsi qu'avec la lame basale qui entoure les cellules de Schwann.
La maladie de Charcot-Marie-Tooth type
4H (CMT 4H) a été décrite par une équipe française (2005) chez deux familles consanguines : une famille libanaise et une famille algérienne. L’anomalie génétique est pour l’instant seulement localisée sur le chromosome 12, dans la région 12p11.21-q13.11.