Maladies de Charcot-Marie-Tooth intermédiaires autosomiques dominantes

Autres appellations : DI-CMTA, Maladie de Charcot-Marie-Tooth avec neutropénie, DI-CMTB, CMTDI1, DI-CMTC

Mise à jour :
juin 2006, Tuy Nga Brignol (M.D.); validation, J. Andoni Urtizberea (M.D.); copyright AFM


Que sont les formes intermédiaires Charcot-Marie-Tooth autosomiques dominantes (AD)




Ce sont des maladies du nerf périphérique. Elles sont d'origine génétique et se transmettent sur le mode autosomique dominant.

On les appelle forme " intermédiaire " car la vitesse de conduction du nerf varie entre 25 et 45 ms (entre une forme myélinique et une forme axonale).

On distingue trois formes de CMT intermédiaires autosomiques dominantes (DI) :
- la DI-CMTA, décrite dans une famille italienne
- la DI-CMTB, décrite dans une famille australienne
- la DI-CMTC, décrite dans deux grandes familles bulgare et américaine

Comment se manifestent-elles ?
L'âge de début de la maladie reste très variable entre ces trois formes de CMT et y compris au sein d'une même famille : environ 6 ans pour la DI-CMTA et de 7 à 59 ans pour la DI-CMTC.

Les premiers signes sont le plus souvent des troubles de la marche (retard à l'acquisition de la marche, chutes, déficit des muscles releveurs des pieds qui entraînent un steppage) et des déformations des pieds (pieds creux). Ils sont dus à une faiblesse musculaire distale, c'est-à-dire des extrémités des membres et une atrophie progressive, plus marquée aux jambes (atrophie musculaire péronière).
La forme DI-CMTB peut s’accompagner dans certains cas d’un manque de globules blancs (neutropénie).

Comment évoluent-elles ?
L'évolution reste extrêmement variable entre les différents types de CMT et y compris au sein d'une même famille : certaines personnes présentent peu ou pas de symptômes alors que d'autres ont un handicap fonctionnel important. L'évolution est en général lentement progressive, mais elle peut aussi se faire par poussées (entre 40 et 50 ans pour la DI-CMTA).

Fatigabilité, troubles de l'équilibre et pénibilité de la station debout ou à la montée des escaliers sont des symptômes fréquents. L'atteinte des mains est en général tardive, n'apparaissant qu'après plusieurs années d'évolution.

Les fonctions vitales (dont le système cardiovasculaire) et intellectuelles ne sont généralement pas atteintes.

Les formes sévères sont rares. En règle générale, la gène fonctionnelle est modérée et la marche reste le plus souvent possible. La longévité n'est pas affectée et il est possible de conserver une activité socio-professionnelle normale ou quasi-normale dans la plupart des cas.

Comment fait-on le diagnostic ?
Le diagnostic clinique est basé sur la localisation du déficit moteur, son évolutivité et l'étude du mode de transmission génétique, autosomique dominant.
Il doit être complété par un examen électrophysiologique des muscles (électromyogramme) pour préciser la nature de l'atteinte : après stimulation d'un nerf, la mesure de la vitesse de propagation de l'influx nerveux (vitesse de conduction) explore la composante myélinique du nerf. L'amplitude du signal quantifie le nombre de fibres nerveuses (axones-dendrites) fonctionnelles.

Comme il s'agit de formes intermédiaires, la gaine de myéline est légèrement altérée et les vitesses de conduction varient entre 25 et 45ms . La biopsie nerveuse permet de confirmer la nature du processus pathologique en mettant parfois en évidence une perte axonale.

Ce sont des maladies rares et les connaissances moléculaires ne permettent pas encore de procéder en routine à un diagnostic moléculaire.

Que peut-on faire ?
La prise en charge orthopédique comprend la kinésithérapie, qui doit être précoce, régulière et personnalisée, ainsi que l'appareillage. Elle permet de ralentir l'évolution de la maladie, notamment en maintenant la souplesse des articulations (la perte de la force musculaire peut entraîner des déformations articulaires). Des chaussures orthopédiques, des attelles, voire dans certains cas une intervention chirurgicale, peuvent être proposées pour compenser les difficultés à la marche.

À quoi sont-elles dues et où en est la recherche ?
La maladie de Charcot-Marie-Tooth DI-CMTA est due à des anomalies génétiques localisées en 10q24.1-q25.1. Aucune mutation n'a été retrouvée dans les gènes MPZ et NEFL. Le gène en cause n'a pas été encore identifié.

La maladie de Charcot-Marie-Tooth DI-CMTB est due à des mutations dans le gène de la dynamine 2, (DMN2) localisé en 19p12-13.2. La dynamine 2 appartient à la grande familles des GTPases et est impliquée dans les processus de fusion et de fission cellulaires. Ce même gène DNM2 est responsable de la forme autosomique dominante de myopathie centronucléaire.

La maladie de Charcot-Marie-Tooth DI-CMTC est due à des anomalies génétiques localisées en 1p34-35.
Des mutations dans le gène YARS ont été trouvées (2006) chez trois familles atteintes de CMT intermédiaire de type C. YARS code une enzyme tyrosyl-tRNA synthétase qui se situe au niveau des terminaisons axonales des neurones. Cette distribution spécifique est réduite dans les cellules exprimant des protéines mutées.

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