À quoi est-elle due et où en est la recherche ?
La myopathie congénitale à central core est due à une anomalie génétique située sur le chromosome 19 (région 19q13.1). Le gène en cause est le gène RYR1. Il code le récepteur à la ryanodine, un canal calcique qui permet de faire transiter, à travers la membrane de la cellule musculaire, le calcium indispensable au muscle squelettique. C'est l'état d'ouverture ou de fermeture du canal calcique qui conditionne la contraction du muscle.
Les mutations de ce même gène RYR1 sont aussi en cause dans la susceptibilité à l'hyperthermie maligne.
Il existe cependant d'autres formes de myopathie congénitale à central core qui ne sont pas dues à une anomalie de ce gène, ce qui rend difficile tout diagnostic génétique. Ainsi, une biopsie du muscle chez certaines personnes atteintes de cardiomyopathie hypertrophique liée à une mutation du gène MYH7 (localisée sur le chromosome 14) a mis en évidence l'existence d'une myopathie à central core.
Une forme de myopathie à central core a été trouvée associée à la présence
d'inclusions avec '' empreinte digitale '' chez deux personnes d'une même famille.
En décembre 2003, deux équipes françaises (Institut de myologie et Grenoble) ont publié une étude portant sur une série d'enfants atteints d'une forme sévère de myopathie à central core (dominant et récessive). Cette étude a conduit à élargir le phénotype clinique de cette myopathie congénitale.
L'observation au microscope d'un muscle atteint de myopathie congénitale à central core fait apparaître au centre des fibres musculaires des zones claires arrondies ne fixant pas le colorant habituellement utilisé pour caractériser les différents types de fibres musculaires. Ces zones fréquemment centrales et de bords arrondies sont les ''cores'' centraux ou central cores en anglais.
En Janvier 2001, s'est tenu le ''1er Atelier du Centre européen d'étude des maladies neuromusculaires (ENMC) sur la myopathie à central core'' qui a rassemblé 17 médecins et scientifiques de différentes disciplines. Les critères diagnostiques établis lors d'un précédent atelier de l'ENMC sur les myopathies congénitales ont été reconsidérés et révisés en vue des études génétiques collaboratives à venir. Les participants se sont mis d'accord sur le principe d'une base de données européenne rassemblant les observations médico-scientifiques de cas de myopathie à central core.
Le récepteur à la ryanodine (RYR1) agit à la fois comme un canal de largage du calcium (Ca++) et comme un pont entre certaines structures membranaires de la fibre musculaire. Des études récentes sur le gène RYR1 ont montré que la majorité des mutations responsables de la myopathie congénitale à central core et/ou d'hyperthermie maligne (HM) sont liées à la régulation du canal calcique. Néanmoins, il existe une particularité, les mutations associées à HM sont localisées préférentiellement dans la région N-terminal (initiale) et centrale du gène, tandis que celles de CCD sont localisées préférentiellement dans la région C-terminal (finale) du gène. A ce jour, plus de 30 mutations non-sens et de mini-délétions ont été identifiées.
Des chercheurs ont montré, dans un poster au VIè Congrès de la World Muscle Society (Septembre 2001), une accumulation de gamma-filamine/filamine2 dans les cores des différentes pathologies multi-minicore et central core.