Comment fait-on le diagnostic ?
Vu sa grande fréquence surtout sous nos latitudes, il faut toujours penser à une possible myopathie des ceintures de type 2I devant une pathologie dystrophique associée à une pseudohypertrophie musculaire et transmise sur le mode autosomique récessif, et ce quel que soit l’âge de début.
Les examens de débrouillage montre des tracés d’allure myopathique à l’électromyogramme et des enzymes musculaires (CPK) qui sont constamment très élevées (jusqu’à 50 ou 100 fois la normale). L’imagerie musculaire (scanner, IRM) n’est pas d’un grand secours car la sélectivité de l’atteinte musculaire est peu marquée. Il est recommandé de pratiquer de principe une IRM cérébrale afin d’étudier la présence de possibles modifications (sans conséquences cliniques) de la substance blanche comme on a pu les noter dans certaines DMC avec déficit en FKRP.
L’examen-clé pour établir le diagnostic reste la biopsie musculaire, c’est à dire le prélèvement d’un petit fragment de tissu musculaire au niveau de l’épaule ou de la cuisse, le tout sous anesthésie locale. Outre les aspects dystrophiques communs à toute myopathie des ceintures, on note une diminution marquée ou une absence complète de marquage d’une protéine membranaire appelée alpha-dystroglycane et qui appartient au complexe protéique associée à la dystrophine. Parallèlement, on peut noter une diminution de la laminine alpha-2 (appelée aussi mérosine). L’interprétation de ces marquages est parfois délicate surtout dans les formes cliniquement peu sévères. Une méthode semi-quantitative de dosage de l’alpha-dystroglycane mais elle est aussi d’interprétation encore difficile et aléatoire.
La seule preuve formelle du diagnostic de LGMD 2I repose sur la découverte de deux mutations pathogènes dans le gène codant la
FKRP. Ceci est assez facile à obtenir et ce pour deux raisons : il s’agit d’abord d’un petit gène (avec un seul exon codant à analyser). D’autre part, il existe une mutation dite L276I (transformant un acide aminé Leucine en acide aminé Isoleucine en position 276) que l’on retrouve avec une très grande fréquence surtout en Europe du Nord.
Il est à noter que bon nombre de patients étiquetés jusqu’alors comme porteurs d’une myopathie de Becker mais sans mutation dans le gène de la dystrophine se sont avérés, après révision de leur diagnostic, être des personnes atteintes de myopathie des ceintures de type LGMD2I. Certaines équipes préconisent même de tester la présence de la mutation L276I de manière systématique devant toute personne présentant une myopathie des ceintures à l’âge adulte, avant même la pratique d’une biopsie musculaire.