Myopathie des ceintures avec déficit en myotiline

Autres appellations : LGMD (Limb Girdle Muscular Dystrophy) 1A

Mise à jour :
Juin 2006 par J. Andoni Urtizberea, M.D., Research Director European Neuromuscular Center


Qu'est-ce que la LGMD 1A ?
La LGMD 1A est une maladie musculaire d'origine génétique. Elle appartient au groupe des myopathies des ceintures (''Limb Girdle Muscular Dystrophy'' ou LGMD) et se transmet sur le mode autosomique dominant (« 1 » pour dominant, et « A » car elle a été la première d’une longue liste à voir son gène causal identifié). Extrêmement rare, elle n'a pour l'instant été décrite que dans une seule grande famille américaine, d'origine allemande, et une autre famille argentine.

Comment se manifeste-t-elle ?
LA LGMD 1A s'exprime très différemment selon les individus d'une même famille : il semble même exister un phénomène d'anticipation (la maladie semble apparaître de plus en plus tôt au fil des générations) au moins dans la première famille américaine décrite. Les premiers signes apparaissent à l’âge adulte. Ils consistent en une faiblesse musculaire des jambes (difficultés pour courir, monter les escaliers, se relever du sol...) et dans une moindre mesure des bras. Des difficultés d'élocution (dysarthrie) et une voix nasonnée sont également décrites.

Comment fait-on le diagnostic ?
La connaissance du mode de transmission est un élément essentiel du diagnostic. Une myopathie des ceintures débutant à l’âge adulte et associée à une hérédité autosomique dominante doit faire penser à un déficit en myotiline.
Ceci est plus difficile quand il s’agit de cas sporadiques. La présence de modifications de la voix peut être évocateur mais peut aussi manquer surtout à un âge précoce. Les examens complémentaires classiques sont peu contributifs. L’électromyogramme est myogène, les CPK peu élevées.  Le prélèvement de tissu du muscle (biopsie musculaire) confirme l'aspect dystrophique du muscle. On note parfois des vacuoles bordées et une certaine désorganisation des sarcomères dans les fibres musculaires avec quelques bâtonnets non spécifiques.

Comment évolue-t-elle ?
Dans la LGMD 1A, l'atteinte musculaire progresse très lentement et l'utilisation du fauteuil roulant reste une éventualité rare. Une atteinte tardive des muscles distaux n’est pas exceptionnelle. Malgré les difficultés d'élocution, il n'y a pas d'atteinte des muscles du visage. Il n’y a pas d’atteinte cardio-respiratoire décrite dans les cas rapportés jusqu’ici.

Que peut-on faire ?
Une surveillance annuelle est recommandée pour faire un bilan musculaire, orthopédique, cardiaque et respiratoire.
La prise en charge orthopédique (kinésithérapie, appareillage) doit être précoce, permanente et personnalisée. Elle permet de ralentir l'évolution de la maladie en maintenant, notamment, la souplesse des articulations (la perte de la force musculaire peut entraîner des déformations articulaires).
Les aides techniques peuvent aussi compenser la perte de certaines possibilités motrices. Le fauteuil roulant permet de retrouver l'autonomie de se déplacer.

À quoi est-elle due et où en est la recherche ?
Ce sont des mutations dans le gène de la myotiline (localisé sur le chromosome 5 dans la région 5q31-q33) qui sont responsables de la LGMD 1A. La myotiline est une protéine sarcomérique qui, localisée dans la strie Z, se lie à l'alpha-actinine. Les sarcomères sont les unités contractiles des cellules musculaires. La myotiline jouerait un rôle de régulateur dans l'organisation des filaments d'actine (filaments fins de l'appareil contractile de la fibre musculaire). Des chercheurs ont établi une interaction de la myotiline avec la filamine 2 (dite aussi filamine C), une protéine impliquée dans la réorganisation de l'actine et dans la transmission du signal associé au mouvement de migration de certaines cellules
En l'an 2000, une souris transgénique pour la LGMD 1A a été réalisée.
 
La même protéine (myotiline) a été impliquée, à partir de 2004, dans d’autres myopathies dites myofibrillaires. Il s’agit de myopathies où existe une surcharge variable en desmine, un des nombreux filaments intermédiaires présents dans la cellule musculaire. En 2005, la myotiline a été impliquée dans une variante histologique de myopathie myofibrillaire, la myopathie à corps sphéroïdes.

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