Stratégie d'intérêt général
 La politique de l'AFM pour le développement des thérapeutiques se décline selon trois axes : la recherche fondamentale et son développement permettant de progresser dans la connaissance du muscle, dans les techniques de transfert ou de réparation de gènes ou encore dans l'utilisation de cellules différenciées ou souches à des fins thérapeutiques ; l'application des techniques issues de la connaissance des gènes au diagnostic des maladies génétiques; la recherche appliquée dans le domaine des thérapies : vectorologie, thérapie cellulaire, mise au point de modèles animaux, mise au point d'outils d'évaluation et essais cliniques chez l'homme. Utiliser les gènes pour guérir, c'est la voie dans laquelle l'AFM s'est engagée dès 1989 pour atteindre son objectif de guérison. Dix ans plus tard, en 1998, elle lance la " Grande Tentative ", un programme scientifique ambitieux de cinq ans visant à démontrer la faisabilité des génothérapies. Un pari gagné au-delà de ses ambitions, avec les premières victoires sur la voie des thérapeutiques. En 2002, l'AFM lance un nouveau défi d'une durée de cinq ans, la "Nouvelle Frontière": il faut maintenant multiplier les essais thérapeutiques sur l'homme. En 2006, l'AFM a soutenu près de 400 projets issus de 4 appels d'offres, après expertise par le Conseil Scientifique ou par des comités d'experts. Avec l'investissement de 778 millions d'euros investis depuis le premier Téléthon (1988) à la fin 2006 pour sa mission Guérir, l'AFM est devenue un acteur incontournable de la recherche. Une riposte contre l'inacceptable Pourquoi cette maladie ? Pourquoi cette apparente résignation de la médecine ? Comment après avoir examiné un enfant, un peu gêné dans ces mouvements, un spécialiste peut-il laisser tomber une condamnation, avouer son impuissance, incapable de poser le bon diagnostic, de prescrire à temps les bons appareils, les soins adaptés ? Pas d'explication, pas de médicament, pas d'espoir. Pour riposter contre l'inacceptable, dès 1958, des pères et des mères de familles révoltés et déterminés décident de se mêler de ce qui les regardait : le sort fait aux enfants et à leurs parents, la maladie, les recherches à entreprendre, pour en finir avec elle, le plus vite possible. De la solidarité des familles est née progressivement une stratégie : aider l'homme malade, comprendre l'origine des maladies, puis utiliser ces deux éléments pour tenter de guérir. Aujourd'hui, grâce à une stratégie innovante, aux résultats obtenus en génétique et aux partenariats développés, l'AFM est devenue un acteur incontournable dans le domaine de l'économie de la santé et de la recherche scientifique et médicale.
Mettre en œuvre une stratégie d'intérêt généralTout commence en 1986. Le hasard de la science et de la médecine a voulu que la myopathie de Duchenne soit la première maladie génétique à livrer son origine. A la suite de cette découverte, deux questions ont été immédiatement posées par les familles au découvreur du gène, Anthony Monaco : comment transformer ce gène-coupable en gène-médicament ? Comment aller plus vite pour découvrir les gènes des autres maladies neuromusculaires et, par là même, des autres maladies génétiques ? Depuis, l'AFM met en œuvre une stratégie qui veut répondre à ces deux questions. Mais les réponses appropriées passent par une stratégie d'intérêt général autour de deux ensembles auxquels appartiennent les maladies neuromusculaires : les maladies génétiques et les maladies rares. L'objectif : atteindre une masse critique de connaissances, seule capable de générer un progrès pour l'homme malade. Pour atteindre cet objectif, l'AFM construit avec Généthon, en 1990, un outil d'intérêt général. Le premier choix stratégique de l'AFM a donc été de s'engager dans la génétique. Le second, de mener une politique globale d'exploration du génome. Enfin, d'explorer toutes les pistes thérapeutiques émergentes et de n'en négliger aucune, compte tenu de la diversité des maladies neuromusculaires. Une stratégie payante puisque les chercheurs du monde entier utilisent aujourd'hui, avec succès, les outils forgés par l'AFM-Généthon. La politique scientifique de l'AFM passe par le financement d'équipes de recherche publiques ou privées mais aussi par des partenariats avec des industriels français et internationaux sur des projets intéressant ses domaines d'intervention.  Une politique globale initiée par le Conseil scientifiquePour asseoir sa politique scientifique, l'AFM s'est appuyée, depuis 1981, sur un Conseil scientifique. Composé de chercheurs et de cliniciens bénévoles, c'est un organe de conseil et de proposition. Il est chargé de déterminer les axes de recherche prioritaires, de les proposer au Conseil d'administration de l'AFM et d'émettre les appels d'offre correspondants. Il évalue l'adéquation et la qualité des programmes de recherche proposés et contrôle, a posteriori, la qualité des travaux. Il peut s'appuyer sur des experts nationaux ou internationaux. Les dossiers comportants l'avis du Conseil scientifique sont présentés à la commission scientifique des administrateurs qui donne son avis et pré-valide. La validation finale de l'engagement financier est donnée par le Bureau du Conseil d'Administration ou le Conseil d'Administration selon l'importance des projets. Présidé par Michel Fardeau de 1981 à 1986, l'enjeu majeur du premier Conseil scientifique de l'AFM a été la promotion et la coordination de la recherche médicale sur les myopathies. Ce Conseil scientifique, dès le début, a également mené un travail de réflexion et d'incitation sur ce que devraient être les recherches sur ces pathologies. Le second Conseil scientifique (1986 à 1997), présidé par François Gros, a été de rendre possible la lecture du génome humain pour pouvoir identifier les gènes responsables des maladies génétiques, grâce aux outils élaborés par Généthon. Avec l'établissement des cartes du génome, l'AFM aura ainsi joué un rôle déterminant dans la mise en place de la médecine génétique. L'enjeu du troisième Conseil scientifique, présidé par Ketty Schwartz de 1998 à 2001 (puis par intérim par le vice-Président M. Fardeau jusqu'en décembre 2002), est double : le développement des thérapeutiques et la reconnaissance de la myologie en tant que discipline médicale à part entière. Le quatrième Conseil scientifique formé sous la présidence de Ketty Schwartz en 2003 a pour objectif de poursuivre la mise au point des génothérapies en tirant partie des enseignements des premiers essais cliniques; développer le contrôle de l'orientation des cellules souches in vivo et ex vivo vers des lignages musculaires; étudier les interactomes musculaires (interactions nécessaires à la fonction contractile). Le cinquième Conseil scientifique formé sous la présidence de Ketty Schwartz en 2006 est adapté à cette évolution vers le médicament. Il s'organise autour de trois commissions : Commission Médicale, Commission Développement des thérapeutiques et Commission Recherche.
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