Quelques résultats
Des percées ont été effectuéesEn 2000, le Pr Alain Fischer et le Dr Marina Cavazanna-Calvo (Inserm, Hôpital Necker-Enfants Malades) annoncent que des bébés sans défenses immunitaires sont sortis, grâce à une thérapie génique, de leur bulle stérile pour mener une vie normale. En 2002, une complication est survenue chez deux des onze enfants traités. Par prudence, l’essai a été interrompu pour comprendre ce qui s’est passé et en tenir compte dans l’évolution des stratégies de thérapie génique. Le 9 juin 2004, l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (Afssaps) annonce la reprise de l'essai : les essais menées par les chercheurs sur cette complication survenue chez deux enfants traités montrent que le rapport bénéfice/risque demeure globalement positif pour les malades. Le 24 janvier 2005, un 3ème cas de complication est signalé par l'Afssaps. En attendant les résultats de l’analyse de cette complication, les autorités sanitaires françaises ont décidé de suspendre l’essai. Dans le 3ème cas, comme dans les deux précédents, il s'agit d'une prolifération incontrôlée de lymphocytes T. Les investigations sont en cours pour identifier l'origine de cette prolifération et définir si l'insertion du vecteur rétroviral dans le génome est en cause comme dans les deux premiers cas (lire le communiqué de presse de l'AFM du 17/10/2003). Cependant, pour l'AFM, cette nouvelle complication confirme d'ores et déjà qu'il faut poursuivre le travail pour : -améliorer les vecteurs utilisés -mettre au point de nouveaux vecteurs plus efficaces comme les lentivirus qui sont aujourd'hui proposés pour transporter le gène-médicament dans les cellules souches hématopoïétiques -mieux comprendre et maîtriser le système immunitaire -développer de nouvelles techniques de thérapie égnique comme le saut d'exon -mettre en place les essais sur l'Homme qui, dans les conditions de sécurité prévues par les autorités sanitaires, peuvent permettre d'identifier les problèmes à surmonter. Par ailleurs, une équipe italo-israélienne a obtenu, en 2002, un nouveau succès sur deux enfants atteints d'un autre déficit immunitaire. L'AFM a participé à ses travaux en soutenant l'équipe italienne impliquée dans cet essais.
Premier essai de faisabilité également pour les maladies neuromusculaires. Le premier essai de thérapie génique pour les myopathies de Duchenne et de Becker, débuté en 2000 à l'Institut de Myologie, s'est terminé en 2002. Si aucun bénéfice direct n'en est attendu, cet essai s'est néanmoins révélé exemplaire dans la mise en place des protocoles et le respect des normes de sécurité. Annoncés en 2003, les résultats de cet essai présentés lors du Congrès de l'American Society of Gene Therapy, mené en collaboration avec la société Transgène, permettent de démontrer la faisabilité de la technique. Ils montrent pour la première fois qu'il est possible d'obtenir chez un malade atteint d'une myopathie de Duchenne ou Becker, une expression locale de la dystrophine, sans réaction immunitaire. Plus précisément : - présence du plasmide-dystrophine chez tous les patients - expression de la dystrophine en quantité faible chez 6 patients - absence de réaction immunitaire contre le plasmide ou contre la dystrophine - excellente tolérance clinique à l'administration du plasmide. Il doit être poursuivi afin d'augmenter le niveau d'expression de la protéine et d'étendre les territoires musculaires ciblés.
- Dans le domaine de la thérapie cellulaire, des travaux soutenus de longue date par l'AFM, ont été publiés en 2000 et 2001. Des patients atteints d’une grave maladie neurodégénérative, la maladie de Huntington, présentent une amélioration de leurs capacités intellectuelles et motrices grâce à une thérapie cellulaire. Des infarctus du myocarde ont été contrés par des greffes de cellules musculaires.
- En 2005,des résultats ont été obtenus chez l’homme :
- Démonstration de l’effet préventif du périndopril sur l’insuffisance cardiaque chez des garçons atteints de dystrophie musculaire de Duchenne. - Essai clinique BONAMI : essai de thérapie cellulaire cardiaque utilisant les cellules souches hématopoïétiques dans l’infarctus du myocarde. 47 patients inclus à ce jour en France (23 traités et 24 contrôles), sur les 100 prévus. Objectif : reconstituer le tissu cardiaque, grâce à une greffe de cellules souches issues de la moelle osseuse du malade.
- En 2006, le résultat phare de l'année concerne une équipe de chercheurs italiens, dirigée par Michele De Luca, financée par les Téléthon français et italien, qui a réussi à traiter par thérapie génique une surface de peau d'un patient atteint d'une grave maladie génétique, l'épidermolyse bulleuse jonctionnelle, grâce à une greffe de cellules de l'épiderme traitées par thérapie génique.
Des chiens aveugles ont retrouvé la vue par thérapie génique, des muscles de souris malades ont été réparés grâce à la chirurgie du gène. Chez l'homme, 17 bébés-bulles en France et en Angleterre ont vu leur système immunitaire restauré par thérapie génique. 8 enfants atteints d'un déficit immunitaire ont repris une vie normale grâce à la thérapie génique menée en Italie par Maria Grazia Roncarolo (TIGET, financé par les Téléthon italien et français). Une équipe a démontré la faisabilité et l'efficacité d'une thérapie génique par transfert de gène sur un modèle canin de la maladie de Hurler. Et un groupe de chercheurs français et italiens a montré l'efficacité d'une thérapie cellulaire chez des chiens modèles de la dystrophie musculaire de Duchenne.
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Confirmer ces percées afin de les transformer en traitement durable
C'est la stratégie de l'AFM : réaliser des percées innovantes et en favoriser la reprise par l'initiative publique ou privée. Aujourd’hui, les pistes thérapeutiques foisonnent et les essais cliniques se multiplient. L’objectif n’est plus seulement de continuer à faire des essais mais de les transformer en médicaments pour les malades neuromusculaires. Pour ce faire, il faut dépasser les limites des stratégies thérapeutiques actuelles : - En thérapie génique : favoriser la piste émergente de chirurgie du gène, améliorer les vecteurs viraux… - En thérapie cellulaire : résoudre les problèmes de migration et de survie des cellules. - En thérapie pharmacologique : automatiser et optimiser la découverte des molécules. Il faut aussi résoudre les cinq problèmes principaux posés par le passage au médicament : - La production à grande échelle et adaptée à l’homme. - La biodistribution et l’absence de toxicité des produits. - La réaction immunitaire. - Le ciblage et les voies d’administration. - L’évaluation fonctionnelle. C’est pour identifier et dépasser ces goulots d’étranglement que l’AFM a réuni au Génocentre, du 15 au 17 janvier 2007, plus de 160 experts des maladies neuromusculaires. Serge Braun, directeur scientifique de l’AFM, a dressé un premier bilan de ces rencontres qui devraient stimuler les collaborations internationales. > Lire son interview.Son objectif étant la guérison, l'AFM favorise dès que possible l'application à l'Homme des nouvelles stratégies thérapeutiques. Connaître la liste des essais cliniques en cours ou à venir.
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