Thérapie cellulaire / Cellules souches

Le potentiel des cellules souches

Dans la thérapie cellulaire, de nouvelles pistes émergent, notamment à travers les cellules souches. Parce qu'elles ont une capacité à se transformer en différents types de cellules, ces cellules offrent des perspectives thérapeutiques prometteuses pour reconstruire un organe ou un tissu lésé.

L'AFM a donc considérablement renforcé son action dans le domaine des cellules souches :

>>Programme visant à caractériser les cellules souches, à étudier leur prolifération, leur plasticité et leur capacité à régénérer certains organes.
Au-delà des greffes de myoblastes (cellules souches du muscle) appliquées dans les maladies neuromusculaires (myopathie de Duchenne, dystrophie musculaire oculo-pharyngée, dystrophie facio-scapulo-humérale), d'autres cellules souches peuvent être utilisées dans les maladies dégénératives du foie, du système nerveux, des déficits immunitaires...
Ces travaux sont menés avec le soutien de l'AFM dans son laboratoire Généthon, à l'Institut Cochin à Paris dirigé par le Pr. Axel Kahn (cellules souches adultes) (convention signée en septembre 2004. Financement AFM 500 000 euros provisionnés en 2002 et 2003) et à l'Institut de Recherche en Biothérapie de Montpellier dirigé par Bernard Klein (cellules souches multipotentes embryonnaires et adultes). Cet Institut accueillera dès 2007 des équipes de recherche fondamentale, des cliniciens et des biotechs. Financement AFM 2004 pour la construction d'un laboratoire P3 : 185 000 euros.
Ces projets complètent la recherche développée par le groupe cellules souches de Généthon.
Une active recherche est en effet menée à Généthon, en collaboration avec des chercheurs italiens et américains, pour mettre au point des greffes de cellules souches de moelle osseuse. Dans un premier temps, l'objectif est de parvenir, chez l'animal, à coloniser les muscles atteints à partir de cellules souches dans la circulation sanguine. Il faudra aussi repérer dans la moelle osseuse ces cellules de type embryonnaire susceptibles de fournir les cellules musculaires et identifier les facteurs qui poussent ces cellules souches à devenir des fibres musculaires. A l'avenir, on pourrait envisager des greffes de cellules souches de moelle osseuse prélevées chez des donneurs compatibles afin de limiter le plus possible les réactions immunitaires du receveur. Une autre approche serait de prélever sur le malade lui-même de la moelle osseuse, de sélectionner les cellules précurseurs du muscle, de les modifier par thérapie génique et de les réinjecter au malade, évitant ainsi certaines réactions immunitaires.


>>Soutien au programme de recherche de l'Institut des cellules souches pour le traitement et l'étude des maladies monogéniques (I-Stem)
Inauguré en septembre 2007 par la Ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, I-Stem est l’Institut des cellules souches pour le traitement et l’étude des maladies monogéniques, dont l’AFM est l’un des fondateurs. Dirigé par Marc Peschanski, directeur de recherche à l’Inserm, il explore les potentiels thérapeutiques des cellules souches humaines, embryonnaires et adultes, dans les maladies rares d’origine génétique. Il est situé au sein du bioparc de la Genopole d’Evry et est issu d’une collaboration entre l’AFM, l’Inserm et l’Université d’Evry-Val-d’Essonne.
I-Stem a reçu début 2005 la toute première autorisation de l’Agence de la Biomédecine pour travailler en France sur les cellules souches embryonnaires humaines, à partir de lignées de cellules importées de l’étranger. En juin 2006, il a reçu l’autorisation de l’Agence de la Biomédecine pour construire une banque de lignées de cellules porteuses d’une mutation génétique, pouvant servir de modèles pour l’étude et la thérapie des maladies monogéniques.
Des premiers résultats ont été annoncés dès juin 2006 : des chercheurs d’I-Stem ont démontré que des cellules souches embryonnaires pouvaient se différencier en cellules cardiaques et régénérer le cœur déficient de rats. Un immense espoir pour le traitement des défaillances cardiaques, qu’elles soient dues à une cause fréquente comme l’infarctus ou à une maladie.
Grâce aux dons du Téléthon, l’AFM a financé le laboratoire I-Stem entre 2004 et 2006 à hauteur de 3,4 millions d’euros. En 2007, l’AFM devrait apporter un financement de 3,4 millions d’euros.


• 70 chercheurs (85 début 2008)
• Budget annuel (2007) : 6,8M€
• 1800 m² de laboratoires
• 5 pôles de recherche avec, pour chaque domaine, une cible précise :  Biotechnologie des cellules souches embryonnaires humaines (production de cellules en masse, ingénierie génétique et criblage à haut débit), Cardiomyopathies (thérapie cellulaire, modélisation pathologique), Maladies neurodégénératives (thérapie cellulaire, modélisation pathologique de la maladie de Huntington), Génodermatoses (modélisation pathologique de la maladie de Clouston), Maladies neuromusculaires (modélisation pathologique de la myotonie de Steinert).
• Robot de criblage à haut débit capable de gérer en même temps et sans intervention humaine la culture de cellules disposées dans 40 000 puits (afin d’étudier à grande échelle l’efficacité de molécules sur des lignées de cellules modèles portant une mutation génétique caractérisée).Il a également acquis un volumineux robot de criblage à haut débit financé par l'Inserm, l'AFM et les collectivités et qui devient la base d'une plateforme unique en France dans ce genre de structure. Elle servira au criblage des molécules sur les cellules souches (adultes ou embryonnaires) afin de promouvoir des applications thérapeutiques dans les maladies monogéniques. 
En savoir plus : www.istem.eu

> Inauguration d'I-Stem le 11 septembre 2007 (dossier de presse présentant les différents programmes de recherche). Voir également le reportage vidéo réalisé ce jour-là (réalisation : Christophe Guyon).

> Pour en savoir plus, lire l'interview de M. Peschanski extraite du dossier Cellules souches : au coeur de la médecine de demain paru dans VLM n°113.


La recherche sur l’embryon est, par principe, interdite en France. À titre dérogatoire et pour cinq ans, la loi de bioéthique du 6 août 2004 permet cependant la réalisation de recherches à finalité thérapeutique dans des conditions extrêmement contrôlées.
Ce document fait le point sur la loi et le décret du 6 février 2006.
Mise en ligne : juillet 2006.


Mise à jour de l'infographie (octobre 2004):

Cellules souches embryonnaires (éthique et loi)
En France, toute recherche sur l’embryon est interdite. La nouvelle loi relative à la bioéthique promulguée le 6 août 2004 autorise, pour cinq ans, par dérogation et à titre exceptionnelle, la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Ces recherches ne peuvent être conduites que sur des embryons conçus in vitro dans le cadre d’une assistance médicale à la procréation et conservée par congélation, qui ne font plus l’objet d’un projet parental, à la condition que les deux membres du couple aient donné leur accord écrit. Les protocoles d’étude et de recherche sur ces cellules seront examinés par l’Agence de biomédecine nouvellement créée.

Cellules souches embryonnaires obtenues par clonage (éthique et loi)
Cette pratique n’est pas autorisée par la loi relative à la bioéthique qui qualifie le clonage thérapeutique de délit.
Cette technique, adoptée par certains pays (Grande-Bretagne notamment), continue à faire débat.
En France, Le Comité Consultatif National d’Ethique avait rendu un avis favorable (avis 67), contrairement au Groupe Européen d’Ethique, qui, le 14 novembre 2000, avait déclaré prématuré l’utilisation de cette technique.

Cellules foetales (éthique et loi)
La loi relative à la bioéthique pose comme exigence d'élaborer un protocole de recherche précis.
Elle instaure au profit de la mère un droit d’opposition à l’utilisation de ces tissus. Ce droit d’opposition ne peut s’exercer qu’après information préalable appropriée sur les finalités du prélèvement.


Ce document présente le principe de la thérapie cellulaire et l'origine des cellules utilisables.
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