La toux assistée

La toux assistée, avec aide manuelle
Toux assistée : choisir la meilleure technique

Grâce à une étude publiée dans la revue Respiratory Care* (mars 2009), il est désormais possible de choisir la technique de toux assistée la plus efficace pour chaque malade. 
En comparant les effets de trois techniques chez 179 malades (toux assistée avec aide manuelle, toux assistée avec Air Stacking et combinaison des deux), l’équipe de Michel Toussaint** a en effet défini des critères susceptibles d’aider les professionnels de santé à faire le bon choix.
Parmi ces critères : la capacité vitale, le débit respiratoire de pointe à la toux et la pression expiratoire maximale. L’équipe a établi, par exemple, que la combinaison « Air Stacking / toux assistée manuelle » est plus efficace lorsque le malade a une capacité vitale supérieure à 340 ml et un débit respiratoire de pointe inférieur à 34 cm H2O. Par ailleurs les patients avec une Pmax supérieure à 34 cm h2o ne tireraient pas bénéfice d'une assistance manuelle à la toux. Autre point intéressant signalé dans cet article à partir d'une autre étude : la toux assistée, avec aide manuelle seule, serait inefficace lorsque la pression expiratoire maximale du malade est inférieure à 22 ou supérieure à 51 cm d’H2O. Sans être absolus, ces critères pourraient permettre de mieux cibler les stratégies d’aide à la toux.

*Limits of Effective Cough-Augmentation Techniques in Patients With Neuromuscular Disease – Michel Toussaint PT PhD, Louis J Boitano MSc RRT, Vincent Gathot MSc PT, Marc Steens MSc PT, and Philippe Soudon MD – Respiratory Care – March 2009 – Vol 54 N°

**Ziekenhuis Inkendaal, Vlezenbeek, Belgique

Comment trouver un kinésithérapeute formé à la toux assistée ?

La toux assistée n’est pas un geste réservé aux kinésithérapeutes. Ce sont en priorité les proches du malade qui doivent s’y former pour aider le malade à expulser les secrétions bronchiques qui l’encombrent dès qu’il en a besoin. Il peut même s’agir d’un geste d’urgence si la personne est très faible ou fait une fausse route.
Pour vous initier à cette technique, regardez la vidéo réalisée par l’AFM : La toux assistée, un geste vital à maîtriser.
Les kinésithérapeutes conseils de l’AFM se proposent de former leurs collègues libéraux, n’hésitez pas à mettre votre kiné en contact avec eux.

La toux assistée, un geste vitale à maîtriser

Les malades eux-mêmes doivent connaître ces gestes pour les expliquer à leur entourage si besoin. L'entraînement à ces méthodes est essentiel et doit se faire hors d'une phase aigüe.
  •  L'inspiration est très importante car le débit de l'air expiré, qui conditionne l'efficacité de la toux, est dépendant du volume d'air contenu dans les poumons au moment de l'expulsion.
  •  La compression est destinée à améliorer l'efficacité de l'expulsion. La fermeture de la glotte et la contraction simultanée des abdominaux met sous pression l'air contenu dans les poumons.
  •  L'expulsion réalise le drainage bronchique en mobilisant les sécrétions grâce au courant aérien expiratoire. L'ouverture de la glotte et la poursuite de la contraction des abdominaux propulsent l'air contenu dans les poumons et les sécrétions ou les corps étrangers, hors des voies aériennes.

La compression abdominale simple est efficace et facile à réaliser. Sur un individu de grande taille, vous pouvez utiliser vos deux mains. En cas de gastrotomie, évitez de comprimer l'emplacement de la sonde.

La compression simultanée de l'abdomen et du thorax demande plus d'entraînement. Si la personne a subi une intervention chirurgicale récente à l'abdomen, pratiquez uniquement des compressions thoraciques, éventuellement à deux mains.Quelle que soit la technique, la personne aidée peut être assise (bloquez son fauteuils contre un mur) ou au lit, dans la position où elle respire le mieux (allongée, semi-assise ou assise).

La toux assistée sert à drainer la trachée et les grosses bronches et complète donc les manoeuvres réalisées par le kinésithérapeute ou par percussions intrapulmonaires pour rapprocher les sécrétions de la trachée lors d'un encombrement bronchique plus diffus.
Les changements de position et les déplacements, même en fauteuil, favorisent le drainage. Lors d'une infection respiratoire mieux vaut donc ne pas rester systématiquement couché.

En cas d'encombrement bronchique ou de fièvre, il faut beaucoup boire.


La toux est un mécanisme vital. Les malades neuromusculaires peinent souvent à tousser; il faut donc les aider aussi souvent que nécessaires, aux trois phases de la toux. Une parfaite synchronisation entre l'aidant et l'aidé est indispendable. Le premier commande la manoeuvre.
Mise en ligne : juin 2004.


Repère Savoir & Comprendre, AFM, novembre 2006
Dans les maladies neuromusculaires, la faiblesse des muscles respiratoires est fréquente et variable d’une maladie à l’autre. Son retentissement sur la fonction respiratoire dépend de l’étendue et de l’intensité de la faiblesse musculaire. Comprendre les mécanismes qui conduisent à une atteinte respiratoire et évaluer régulièrement cette atteinte au cours de l’évolution de la maladie neuromusculaire permettent de proposer une prise en charge adaptée. La prise en charge, en compensant au mieux le déficit fonctionnel, contribue à une meilleure qualité de vie.
Ce Repères fait le point sur la prise en charge respiratoire dans les maladies neuromusculaires. Quels sont ses objectifs ? Quels déficits permet-elle de compenser ? Comment préserver l’appareil respiratoire et favoriser sa croissance ? Comment désencombrer l’appareil respiratoire ? Comment suppléer la ventilation lorsqu’elle est insuffisante ? Quels sont les aspects pratiques à connaître ?
Quatre autres Repères le complètent : “Fonction respiratoire et maladies neuromusculaires”, “Évaluation de la fonction respiratoire dans les maladies neuromusculaires”, “Ventilation non invasive et maladies neuromusculaires”, “Trachéotomie et maladies neuromusculaires”.


Repère Savoir & Comprendre, février 2009.
Dans les maladies neuromusculaires, la faiblesse des muscles respiratoires retentit sur la qualité de la fonction respiratoire. Comprendre les mécanismes qui conduisent à une atteinte respiratoire et évaluer régulièrement cette atteinte au cours de l’évolution de la maladie neuromusculaire permettent de proposer une prise en charge adaptée qui contribue à une meilleure qualité de vie, en compensant au mieux le déficit fonctionnel.
Ce document fait le point sur les mécanismes conduisant à une atteinte respiratoire dans les maladies neuromusculaires. Comment respire-t-on ? A quoi sert la toux ? Qu’est-ce-que le déficit ventilatoire ? Quelles sont ses conséquences sur la qualité de la respiration ? Comment
l’insuffisance respiratoire devient-elle chronique ? Quels signes permettent de la repérer ? Sur quels aspects de l’atteinte respiratoire agit la prise en charge ?
Quatre autres Repères le complètent : “Evaluation de la fonction respiratoire dans les maladies neuromusculaires”, “Prise en charge respiratoire et maladies neuromusculaires”, “Ventilation non invasive et maladies neuromusculaires”, “Trachéotomie et maladies neuromusculaires”.

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